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Histoire de Louey

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LOUEY ET SON PASSÉ


LOUEY a fait partie des dix communautés qui ont constitué depuis le Haut Moyen Age (an mille environ)  «  LA BARONNIE DE BENAC » dont le château était situé au « BARRY DE BENAC ».

Les autres communautés étaient :

AVERAN            HIBARETTE            LOUCRUP

BARRY            LANNE            ORINCLES

BENAC            LAYRISSE            VISKER

Les barons de Bénac se sont maintenus jusqu’à la Révolution Française.

En 1636, en remerciements de services rendus, LOUIS XIII érigea la Baronnie de Bénac en « Marquisat », titre hautement honorifique.

Comme les dix communautés de la Baronnie ont formé un ensemble très homogène.

Il existait à LOUEY un petit seigneur, vassal du Seigneur de Bénac : Monsieur de BADET. Au moment de la Révolution Française, le titre fut supprimé et sa famille retomba en condition rurale.

On consacra premier maire de LOUEY un avocat, Jean LAMATHE, issu de la « maison CLEDERE » (ou CLEYDERE), maison dont les membres jouèrent un rôle important dans l’histoire du Marquisat et même de la Bigorre.

A partir de la Révolution, LOUEY suivit le cours de toutes les petites communes rurales des Hautes-Pyrénées où l’on pratiquait l’élevage et la polyculture.

Son destin fut profondément modifié et beaucoup de familles sortirent de la pauvreté en trouvant des emplois quand elle s’ouvrit à l’aéronautique en 1938, avec la construction d’une usine DEWOITINE qui devait être destinée à la production d’un avion chasseur (D520).

Mais faute de commandes l’usine laissée vacante fut reprise par MORANE-SAULNIER qui, en 1941, y installa son bureau d’études.

En 1942, les allemands envahirent la zone libre et s’installèrent à Morane et alentours.

L’usine dut produire alors pour l’Allemagne, et le terrain d’aviation servit à l’entraînement de leurs pilotes de chasse. Cette usine fut bombardée par la Royal Air Force dans la nuit du 10 mars 1944.

Les toitures furent pulvérisées et les bâtiments principaux gravement endommagés mais l’outil de production ne fut pas touché. Dès le 14 mars, la reconstruction commença et l’usine put fonctionner deux semaines plus tard.

Les allemands quittèrent LOUEY en août 1944.

Les archives étant sauves, la poursuite des recherches par le bureau d’études, permit en février 1945 le vol d’un biplace d’entraînement à la chasse (MS470), premier avion nouveau produit par l’industrie aéronautique française convalescente.

Fin 1962, Morane-Saulnier dépose le bilan, s’ensuit une succession de gérances, jusqu’au 25 juillet 1966 qui voit la création de la SOCATA. La Société, d’abord filiale de Sud-Aviation, puis du Groupe Aérospatiale, devenu plus tard EADS, est aujourd’hui DAHER SOCATA.

Cette entreprise, toujours sur le territoire de LOUEY, en bordure de l’aéroport international de Tarbes-Ossun-Lourdes, est constructeur et équipementier, sous-traitant en aérostructures pour divers constructeurs aéronautiques. Elle emploie plus d’un millier de personnes.








xxxxxEn avril 1887, l’instituteur public de l’école de garçons de LOUEY, M. MATHE, rédigea une monographie de la commune.

xxxxxC’est un témoignage très renseigné de ce qu’était une petite commune rurale proche de Tarbes, à cette époque.

xxxxxLe texte intégral est donc ci-après.







MONOGRAPHIE

de la commune de

LOUEY


Texte rédigé le 12 avril 1887


par M. Mathé


instituteur à LOUEY


La Commune de LOUEY, dépendant du canton d'OSSUN, Arrondissement de TARBES, Département des Hautes-Pyrénées, est située presque dans la partie occidentale du Département. Elle est bornée, au Nord par les territoires des villages de JUILLAN et d'ODOS, à l'Est, par celui du village de SAINT-MARTIN, au Midi, par ceux de HIBARETTE, BÉNAC et LANNE, et à l'Ouest, par celui d'OSSUN.

Elle a une étendue de 587 hectares, dont 288 de terres labourables, 115 de prairies, 38 de vignes, 25 de châtaigneraies, 45 de bois, 71 de landes, 2 de jardins, et 3 de bâtiments.

Elle est distante du Chef-lieu de Canton, de 4 km., et 8 de l'Arrondissement qui est TARBES.

La Commune de LOUEY a, du côté du Couchant, un beau plateau dit de «LANNEMOURINE », où eurent lieu des combats entre les Arabes et les populations de la BIGORRE, accourues à la voix de MISSEL!N, Curé d'ARCIZAC-ADOUR.

Ces Arabes étaient des débris de l'armée vaincue à POITIERS, en 732, par Charles MARTEL, auxquels s’était joint DUDON, Comte d'Aquitaine. Ils avaient échappé au marteau des Francs, et s'étaient avancés en bandes nombreuses et bien armées. Ils se défendaient courageusement contre les Gallo-Romains, et dans leur fuite à travers les peuples épouvantés, ils semaient encore la dévastation et la mort. Arrivés au pied des Pyrénées, ils espéraient regagner l'Espagne par les ports du Gave et de l'Adour.

Mais MISSELIN, poussé par I’amour de la religion et de la Patrie, arrêta ces ennemis du nom de chrétien, au moment où ils franchissaient la Plaine de TARBES, pour pénétrer dons la Ville de LOURDES. A la voix de ce saint prêtre, les montagnards de la Bigorre s'étaient levés comme un seul homme pour défendre leur foi et leur liberté menacées. Ils étaient venus de toutes parts, armés de haches et de pieux. Avec de telles armes, ils ne pouvaient guère lutter contre des ennemis habitués à combattre, et portant des armes bien trempées, mais nos aïeux, confiants dans leur victoire, et décidés à vaincre ou mourir, attaquèrent avec un terrible courage les ennemis, entre LOUEY et OSSUN, et sortirent vainqueurs d'une lutte acharnée.

Les Arabes périrent presque tous dans cette terrible mêlée. C'est pourquoi ce beau plateau porte le nom de «LANNEMOURINE », ou lande des MAURES. Il faut ajouter qu'autrefois, ce plateau était inculte, c'est-à-dire une lande couverte de fougères et d'ajoncs. Aujourd'hui, elle est couverte de belles moissons et de riantes prairies.

Au Nord-Ouest, attenant au dit plateau, se trouve le splendide mamelon d'ANTIZAC, offrant à l'œil une vue admirable sur le grand plateau, qui commence au Sud-Est des bois d'ADÉ et d'OSSUN, et s'étend jusqu'aux confins du village d'OURSBELILLE. De ce mamelon, on voit la petite vallée du Marquisat, entourée de collines boisées qui séparent la rivière de l'ECHEZ de la plaine de l'ADOUR, laissant encore la vue s'étendre du côté du Nord sur la Ville de TARBES, et sur les côtes de SARROUILLES, d'ORLEIX, de DOURS, et même de LACASSAGNE.

Sur le côté oriental de la Commune, se trouve une jolie côte très fertile en vignobles et bois, et du haut de laquelle on aperçoit, outre les montagnes des Pyrénées sur une grande étendue, au levant, la belle plaine de l'Adour, depuis MONTGAILLA.RD jusqu'à près de RABASTENS. bornée au Levant par les collines boisées ou complantées de vignobles au Couchant, tout le plateau de « LANNE-MOURINE» et les coteaux boisés des Communes d'ADÉ, d'OSSUN, d'AZEREIX, d'IBOS, de BORDÈRES jusqu'au Camp de GER.

Le village, qui se trouve au centre, est situé sur la plaine et bordé du côté du levant, par la rivière très poissonneuse autrefois, mais actuellement presque dépeuplée de poissons, à cause des empoisonnements fréquents qui s'y font, et par la grande quantité de pêcheurs qui viennent, soit de JUILLAN, soit de TARBES.

Les principaux cours d’eau qui passent dans la commune sont :
1° L'ECHEZ, rivière assez profonde, dont le courant est lent, qui coule du Sud au Nord, avec un débit, en temps ordinaire, de 5 hectolitres par seconde, faisant fonctionner 4 moulins à farine. En temps de grosses pluies, cette rivière déborde au Midi du village, en amont du Moulin LAMATHE, et inonde les prairies qui se trouvent plus particulièrement au Levant. Les eaux qui alimentent le Moulin LAMATHE sont encaissées dons un canal d'une longueur d'environ 400 mètres, et de 4 à 5 mètres de large environ.

2° L'AUBICH, petit ruisseau qui se jette dans l'ECHEZ en amont du pont dit de l'ECHEZ, après avoir arrosé une grande partie des prairies qui se trouvent entre la route de TARBES-BÉNAC let l'ECHEZ. Ce ruisseau prend sa source dans la forêt de la Commune de LANNE, Commune située au Midi de LOUEY, et donne un débit de 200 hectolitres par minute.

3° LA GEOUNE, petit ruisseau qui reste presque à sec pendant l'été. Il prend sa source dans les forêts d'AVERAN et de LANNE. Il arrose une grande partie des prairies qui se trouvent au Couchant du village, entre celui-ci et la Route Nationale de PARIS à BARÈGES. Son débit, en temps ordinaire, est de 200 hectolitres environ par minute.

4° Enfin, le torrent du CARROUCAOU, qui devient impétueux dans les temps d'orages. Il entraîne avec une force incroyable les pierres, et tout ce qu'il rencontre sur son passage. Il lui est arrivé quelquefois même de déborder, et d'inonder certains quartiers du village. En 1875, il fut assez puissant pour s'introduire dans plusieurs basses-cours et maisons, et d'emporter le pont de la route de TARBES à BÉNAC.

Parmi les eaux potables autres que celles des cours d'eau dont il a été déjà question, la Commune possède

1° La fontaine, dite du village, ou «HONTA», donnant une eau très légère et inoffensive, même pendant la belle saison. Son débit est d'environ 30 litres par minute; elle coule sur un sol sablonneux et caillouteux.

2° La fontaine de la «BERNÈZE», ou Nord-Est du viIIage, dans un endroit marécageux. Malgré le voisinage d'autres eaux, de beaucoup moins bonnes, elle ne perd rien de sa bonté,. ni de sa limpidité. Elle n'est guère exploitée que par les quelques habitants qui l'avoisinent. Elle n'a pas de robinet, vu la profondeur du sol d'où elle sort.

3° La fontaine de «COUMAY », située plus ou Nord que la précédente, n'est pas d'un fort débit, mais elle n'en est pas moins bonne que la fontaine de la «BERNÈZE ». Elle se trouve sur le chemin qui conduit au Moulin du Nord du village, à proximité d'un quartier marécageux autrefois, mais assaini depuis 1852.

4° La fontaine de la « GARLETTE », située dans un marais, dit de la GARLETTE, au Nord du Village. Cette eau paraît sortir de dessous un mur de soutènement d'un champ'. EIIe est assez abondante et d'une limpidité parfaite. Les maisons voisines y puisent toutes leurs provisions, et dans un bassin à côté, on y lave des lessives.

5° Enfin la fontaine de «GAROUNERE », située dans une prairie, au bas du mamelon d'ANTIZAC. Elle n'est pas bien abondante, et quelquefois même, on l’a vue tarir pendant le temps de sécheresse prolongée.

La Commune de LOUEY se trouve à une altitude de 307 mètres. Son climat est assez bon, malgré les froids qui nous viennent du Nord. Les vents se font bien sentir, surtout lorsqu'ils nous viennent du côté du Couchant.

Les pluies ne sont pas plus malignes que dans la région, comme elles tombent en grande partie sur un sol pierreux, elles n'influent pas beaucoup sur la salubrité. Mais, sur le Nord du village, se trouve une grande quantité de terrains communaux, naturellement bas et marécageux, appelés « LASGRAVES ». Comme il a été dit plus haut, la Commune l’a fit assainir en 1852, pour éviter certaines fièvres qui apparaissaient souvent dans le quartier Nord du village. Aussi, malgré les travaux qui y ont été exécutés, il y a parfois, après une période pluviale, quelques cas de fièvre. Hors ce quartier, le village est dans un bon état de salubrité.

Le chiffre de la population d'après le recensement de 1886, est de 516 habitants. Ce chiffre ne tend guère à diminuer, pas plus qu'à s'accroître. Il y a dans la Commune, deux familles étrangères exploitant deux métairies, mais d'un autre coté, il y a deux autres familles qui n'ont quitté la Commune que pour deux ou trois ans seulement, étant occupées elles aussi à exploiter des métairies dans d'autres villages.

Le village est divisé en 4 quartiers, aboutissant tous à la Place, qui est devant la Mairie. Le Quartier de la « MARQUE DESSUS» a 31 feux et 162 habitants; celui de la « MARQUE, DARRE»; 55 feux et 139 habitants; celui de la « MARQUE DEBAT »,46 feux et 206 habitants, et enfin le quartier de «LAPASSADE» n'ayant qu'une maison distante du village d'environ 2,500 km, ayant 9 habitants.

La Commune de LOUEY est administrée par un Maire, assisté de douze Conseillers Municipaux. Elle a un curé, un instituteur public, et une institutrice publique, un garde-champêtre et un valet commun.

Elle est desservie pour le culte, par un curé; pour les finances, par un Receveur Municipal, dont le siège est à BENAC, et pour les Postes, par un facteur rural, qui fait le service une fois par jour. Le Bureau de Poste est à BENAC, à 2 km de la Commune.

La valeur du centime est :

Les revenus ordinaires sont insuffisants pour équilibrer le budget communal, tous les ans il est obligé d'avoir recours à une imposition extraordinaire.

La terre produisant plusieurs sortes de cultures il n'est pas indifférent d'en énumérer et le nombre et les espèces.

Les cultures principales sont:

Le blé, ou froment, donnant dans les années moyennes 18 hectolitres par hectare. Or, parmi les 288 hectares de terres labourables, on consacre pour les céréales, froment, environ 100 hectares, donnant par conséquent, 1.800 hectolitres de froment, seigle, 20 hectares, donnant en moyenne 25 hectolitres à l'hectare, soit 500 hectolitres de seigle, méteil, 30 hectares, donnant en moyenne 20 hectolitres à l'hectare, soit 600 hectolitres.

Ensuite  vient :
Le maïs, 100 hectares, donnant un rendement par hectare de 28 hectolitres, soit 2.800 hectolitres, puis, environ 38 hectares de pommes de terre, donnant un rendement de 60 hectolitres par hectare, soit 900 hectolitres.

La Commune possède en bois et forêts, une contenance d'environ 42 hectares: en bois taillis, bois à haute futaie et bosquets. En grande partie, l'essence est le chêne et le châtaignier. Les forêts produisent environ 1.000 F. l'hectare tous les 20 ans, les forêts soumises au régime forestier ne sont que d'une étendue de 13 hectares, donnant chaque année en moyenne 600 F. les 60 ares ou 10 F. l'are. Les autres forêts communales non soumises au régime forestier étant très clairsemées et peu soignées, ne donnent qu'un très faible rendement.

Les vignobles, qui occupent environ 38 hectares, sont partagés en vignes basses et vergers. Ceux-ci donnent d'assez bons vins rouges, quoiqu'ils aient été éprouvés par l'oïdium pendant longtemps; aujourd'hui, ils ont repris leur vigueur, et produisent assez passablement de vin, s'il n'y survient ni gelée, ni sécheresse, ni grêle. Malheureusement, l'oïdium ayant produit de terribles ravages, les gens ont arraché beaucoup de ces beaux vignobles qui ont passé bon nombre d'années sans rien produire. Aujourd'hui, ils regrettent leurs actes de vandalisme quand ils voient d'autres vergers, leurs voisins, donner passablement de vin. Mais en compensation des vergers arrachés, ils ont planté beaucoup de vignes qui les dédommagent des pertes qu'ils ont éprouvées en arrachant les vergers.

Il n'est pas à la connaissance d'aucun viticulteur, d'avoir aperçu encore aucune vigne phylloxérée, mais en revanche, une autre maladie qui a apparue, et qui fait de grands ravages, est le MILDIOU. On la traite au moyen des procédés en usage. L.'apparition de cette dernière, remonte à environ 2 ans.

Les principales races d'animaux qui font le bien-être de la population sont :

La race bovine;
La race ovine;
La race porcine;
La race chevaline.

La race bovine est employée, en grande partie, à la culture de la terre et à l'alimentation de la boucherie; c’est, pour ainsi dire, de cette dernière, que les gens tirent leur plus grand revenu.

Parmi cette race bovine, celle dite de LOURDES est la préférée, sous le rapport de la quantité de lait qu’elle donne.

La race ovine tient aussi une assez grande place dans la Commune. Elle se divise en race MÉRINOS et en race de MONTAGNE. La race MÉRINOS est conservée seulement chez 3 ou 4 propriétaires, tandis que la race de MONTAGNE compte une quinzaine de troupeaux, plus ou moins grands. Cette dernière passe l'été à la montagne.

La situation de la Commune se prête beaucoup au séjour au gibier; aussi, la principale chasse se fait pour la caille, dans le plateau de LANNE-MOURINE. Il y a aussi une certaine quantité de lièvres. La chasse à la palombe et au ramier se fait dans la forêt communale, dans des cabanes construites sur les arbres. L'alouette abonde aussi dans le grand plateau de LANNEMOURINE, où la chasse se faisait au filet, il y a quelques temps, mais depuis que la vigilance du Brigadier de Gendarmerie d'OSSUN a mis des obstacles, elle s'est tout à fait ralentie, et cette industrie qui donnait un assez grand revenu, est devenu nulle, ou presque nulle.

PECHE

Comme il a été parlé précédemment de la rivière de l'ECHEZ, il est regrettable qu'elle ne soit pas plus surveillée qu'elle n'est, car elle est naturellement poissonneuse, mais les divers engins de pêche qui pullulent sur la plus grande partie du lit, font que la pêche ne produit pas beaucoup. On y remarquait une assez grande quantité de belles truites, mesurant en moyenne 30 à 35 centimètres de long. De plus grandes pièces ont été prises, mesurant jusqu'à 45 à 48 centimètres, seulement elles sont rares. Le poisson blanc tend à disparaître de jour en jour, on en trouve peu, comparativement à il y a 10 ans. Le goujon se maintient encore, malgré la poursuite qu'on lui fait de toutes les manières.

Il se trouve, sur le lit de l'ECHEZ, dans notre territoire, 4 moulins à farine travaillant passablement bien, à l'exception d'un qui n'est pas d'assez grande importance. les meuniers font la mouture des grains provenant des villages de LOUEY, LANNE et OSSUN. Il y a encore, dans deux moulins, deux batteuses à eau faisant un assez bon travail pour les Communes de LOUEY, OSSUN et JUILLAN.

Dans le village de LOUEY, passe la route de grande communication n° 7, de CHEUST à MAUBOURGUET. Elle bifurque avec celle de PARIS à BARÈGES, en un endroit appelé MATHET, au Nord du village. Au milieu de ce dernier se trouve un pont construit en pierres, chaux et sable, couvert de grosses dalles de Lourdes, sur le torrent du CARROUCAOU, pont qui a été emporté en 1875. Du centre du village, part un autre chemin vicinal se dirigeant presque au Couchant du village, d'un côté, vers LANNE, et de l'autre côté, vers OSSUN, chef-lieu de Canton. Ensuite, un autre chemin vicinal reliant le village de LOUEY à celui d'ODOS, par la côte du BALABAY. Sur ce chemin se trouve un pont sur la rivière de l'ECHEZ. Ce pont, reconstruit en 1879, est en bois, avec garde-fou, et supporté au milieu par un pilier construit en dalles ayant sur la partie de l'amont de l'ECHEZ une pointe à angle aigu, pour diviser les eaux.

Le village se trouve éloigné de la voie ferrée, à distance d'environ 4 kilomètres d'OSSUN, ou 3 km. 500 de JUILLAN. Les seuls moyens de transport sont les voitures particulières qui sont assez nombreuses, on peut les compter ou nombre de 18 à 20.

Comme il n'y a ni foire, ni marché, l'échange des produits se fait soit à LOURDES! soit à TARBES, ou aux marchés de PONTACQ, de LAS BORDRES et BAGNÈRES. Le commerce est insignifiant, car il n'y a qu'un magasin d'épicerie ayant aussi un bureau de tabac, et 3 auberges.

Malgré les nombreuses recherches, et après avoir demande dans la Commune, aux personnes anciennes qui possèdent une certaine dose d'instruction, l'étymologie du mot LOUEY, il a été impossible de la trouver.

L'idiome de la Commune est le patois, et les chants sont tantôt des romances de BÉRANGER, et des chants montagnards patois.

Les mœurs des habitants de LOUEY sont bonnes, à part quelques personnes qui sont venues de l'étranger, emportant avec elles des vices répréhensibles. En somme, assez bien sous ce rapport, seulement un peu querelleur concernant le droit de propriété. Le transport devant le Juge de Paix a lieu assez souvent, ne pouvant s'en entendre entre eux; c'est regrettable.

Le culte que professent les habitants de LOUEY, est le catholicisme.

Les costumes sont assez simples, malgré qu'on y ajoute un peu de luxe. On se trouve assez rapproché de la Ville pour prendre les nouvelles modes. Les jeunes personnes, surtout, visent à suivre la mode nouvelle. Elles cherchent à être coquettement mises pour imiter la dame de la ville.

La principale alimentation est le pain, la soupe, la garbure, les pommes de terre, préparées de différentes manières, les crêpes et le vin.

ARCHIVES COMMUNALES

On trouve, dans les Archives Communales, comme manuscrits anciens datant de 1600, des registres des Actes de l'Etat-Civil des Communes de LOUEY et HIBARETTE, tenus par les prêtres de l'époque. On trouve encore un vieux cadastre, et autres pièces de peu de valeur.

Voilà pour les choses anciennes. Quant aux nouvelles, il y en a beaucoup, mais il serait insignifiant de les énumérer.

ENSEIGNEMENT

L'enseignement, il y a environ 120 ans, était donné par un maître qui n'était pourvu d'aucun titre; il apprenait simplement à lire, à faire étudier le catéchisme et à faire écrire un tant soit peu.

Il donnait à peine une séance par jour, et parcourait les Communes de LANNE et de HIBARETTE. Qu'on juge des progrès qu'il pouvait obtenir. Les garçons seulement fréquentaient cette école (qui n'en était pas une ) et les filles ne recevaient pas d'instruction ou presque pas. Plus tard, c'est-à-dire vers 1805, un autre instituteur fut chargé de donner l'instruction aux enfants des deux sexes, mais comme on ne connaissait pas l'utilité qu'on pouvait en retirer, seuls les garçons profitaient de ces leçons. Quant aux filles, elles étaient négligées, jugeant qu'elles ne tireraient aucun profit de l'instruction. Ce n'est que plus tard, vers 1820, qu'une institutrice libre fonda une école de filles. Cette institutrice était native de la Commune. Vers 1852, une nouvelle institutrice fit concurrence à la première, et alors l'instruction se développa mieux, et les filles profitèrent de ce bien-être général. Quant à l'instruction des garçons, elle était alors en plein développement. Aujourd'hui, il y a un instituteur public et une institutrice publique.

L'école des garçons est placée au centre de la Commune, en face de l'Eglise. Elle se compose d'une salle mesurant 56 mètres carrés, aérée par trois croisées donnant sur la voie publique. Elle n'a pas d'ouvertures au Nord, ce qui fait qu'elle est très incommode, surtout pendant les chaleurs de l'été. Elle a 5 bancs-tables, une estrade, 3 tableaux noirs, un tableau pour étudier le chant, 5 cartes géographiques, une carte de système métrique, 12 fusils scolaires et une armoire bibliothèque.

Il y manque les lieux d'aisance, la cour, les préaux. Dans la position où se trouve la maison d'école, il est impossible de pouvoir réaliser ce qui manque, à moins d'acheter le jardin du voisin qui se trouve au nord de la maison.

La fréquentation est assez régulière, à part à l'époque des semailles et de la fenaison, alors il y a quelques absences qui ne durent pas longtemps.

L'instruction est en bon état, tout le monde envoie les enfants à l'école.

Il n'y a pas de conscrits illettrés ni conjoints qui n'aient su mettre leur nom.

Les traitements des maîtres sont:

1.250 frs pour l'instituteur et 700 frs pour l'institutrice, la Commune paye 65 frs de loyer pour le logement de l'institutrice et pour l'école des filles.

Il a été question à plusieurs reprises de faire faire une maison d'école double, mais la Commune est sans ressources, la Municipalité actuelle ne se presse pas pour donner satisfaction aux réclamations des membres du Corps Enseignant.